Depuis 2010, le diplôme d’ergothérapeute est reconnu au grade de licence, alors que celui de masseur-kinésithérapeute se situe au niveau master. Pourtant, la demande d’ergothérapeutes progresse deux fois plus vite que celle des kinés dans certains territoires français.
Le nombre de places en formation reste limité pour les deux filières, mais le parcours d’accès, les débouchés et la réalité du quotidien professionnel diffèrent sensiblement. Les perspectives d’évolution ne recouvrent pas les mêmes secteurs ni les mêmes responsabilités.
Ergothérapeute ou kiné : comprendre les différences pour mieux choisir sa voie
En France, beaucoup entretiennent la confusion entre ergothérapeute et masseur-kinésithérapeute, alors que leurs champs d’action, tout en se complétant, restent bien distincts. L’ergothérapeute se concentre sur l’autonomie dans les gestes du quotidien : il s’agit, par exemple, d’accompagner une personne qui doit réapprendre à s’habiller après un accident vasculaire cérébral ou d’adapter un poste de travail touché par un handicap. Le kinésithérapeute, lui, s’attache à la rééducation fonctionnelle : il travaille la récupération physique, restaure la mobilité, la force ou la coordination après un traumatisme ou lors de maladies chroniques.
Leurs interventions couvrent des lieux variés, il est donc utile de préciser les types de structures où chacun exerce :
- Centres de soins de suite et réadaptation pour les deux spécialités
- Maisons de retraite et services hospitaliers spécialisés pour l’ergothérapeute
- Cabinets en libéral, structures sportives ou certains services hospitaliers pour le kinésithérapeute
La prévention prend une place de plus en plus grande dans ces deux métiers, mais chaque profession la travaille sous un angle différent. L’ergothérapeute propose des stratégies personnalisées pour limiter la perte d’autonomie, tandis que le kinésithérapeute intervient plus directement sur la rééducation pour réduire l’impact des traumatismes ou des affections prolongées. Ce qui les relie : replacer la fonction et la qualité de vie au cœur du suivi, avec, selon les cas, un objectif de réintégration sociale ou de retour à l’activité professionnelle.
Le métier d’ergothérapeute aujourd’hui : missions, formation, débouchés et conseils pour se lancer
L’ergothérapeute épaule des personnes qui vivent une situation de handicap, qu’elle soit temporaire ou durable, à la suite d’une pathologie, d’un accident ou d’un trouble du développement. Son rôle : concevoir des solutions concrètes pour préserver, ou retrouver, l’autonomie dans toutes les activités du quotidien : se laver, cuisiner, s’habiller, se déplacer. L’intervention débute par un bilan fonctionnel complet, une analyse attentive de l’environnement, puis la recommandation ou la mise en œuvre d’aides techniques : fauteuils roulants, orthèses, aménagement d’un logement ou du poste de travail. On retrouve les ergothérapeutes auprès d’enfants, d’adultes ou de seniors, en libéral ou dans des structures comme les hôpitaux, centres de rééducation, établissements médico-sociaux.
Pour exercer, il faut décrocher le diplôme d’État d’ergothérapeute, accessible après trois années d’études en institut. Le cursus croise sciences médicales, psychologie, ergonomie, techniques de rééducation et stages sur le terrain. Ce mélange permet une approche globale, centrée sur la personne, son cadre de vie et ses besoins spécifiques.
Le marché du travail reste dynamique : la demande s’intensifie dans les services de santé, la rééducation, le maintien à domicile. On trouve des postes en hôpital, dans le secteur médico-social, mais aussi de plus en plus en libéral : un choix qui attire nombre de jeunes diplômés. Pour s’installer, il vaut mieux bien observer le terrain et multiplier les expériences, notamment à l’hôpital ou dans le milieu associatif. Être polyvalent, savoir inventer des solutions innovantes, c’est ce qui permet aujourd’hui de tracer sa route dans ce métier.
L’ergothérapie et la kinésithérapie n’ouvrent pas la même porte, mais chacune conduit à un engagement fort : celui d’accompagner vers plus d’autonomie, de mouvement et de vie réelle, là où chaque petit progrès compte.


